Les buzz s'enchaînent, les internautes sont fascinés par le hip hop bourgeois par la dérision la mesquinerie anodine et la pseudo ironie de ses protagonistes.
Cette bourgeoisie qui rackette l'auditoire malléable, qui s'infiltre par le biais d'une culture de masse, qui imbibe l'œuvre de la normalité, insufflant un état d'esprit opposé à cette réalité insoutenable. Le peuple y voit un exemple d'humour, la surface comestible d'un ragoût avarié. Omnibulé par cette cadence d'artistes inspirés par une variété moderne, détournée, n'ayant qu'un objectif monnaie, monnaie, monnaie.
« Je blaire pas les ratés dans mon bled c'est blindés j'ai failli dérapé mais le rap m'a rattrapé »
« jsuis love du flooooow, love des milles moooots et sons, j'procuuure trop d'émotions... »
Rire de tout ? Faut il apprécier l'humour lorsqu'il devient gênant ? lorsque le peuple y voit sa propre rédemption ?
Lorsque l'humour voile d'un cynisme suintant une vérité contre laquelle la foule n'est plus capable de lutter, il favorise la moquerie pour en oublier sa médiocrité.
Un amas de merde issue des autos radios, des enceintes, des chaînes hi fi de gamins décérébrés adulant la post rébellion d'une star academy pré-puberte, des densités incommensurables de sons affligeants que la radio s'empresse de déglutire dans notre ouïe à présent sourde, habituée à cette daube quotidienne qu'ils érigent en art, un art qui forcément ne peut qu'élever le peuple au rang de consommateurs de singles formatés, aux rimes plastiques, cadrées par un refrain qui laisse notre cavité crânienne dans le plus confortable des étaux .
Un art qui n'est en réalité qu'une industrie, une usine, une machine aux rouages rouillés graissée par la cire auditive des bambins béats.
« Non, entre toooooi et mooooooi rien n'est finiiiiiii,
Non, un amour m'éclaire à l'infiniiiiiii »
De la variète Bobo d'un bénabar au pseudo rap majore d'une diam's passant par l'aristocratie sauvage du nouveau rock façon naast jusqu'au contines fantaisistes d'une ilona, les couches sociales se partagent la tarte aux idoles.
Et me laisse les miettes...